
Alors, voilà. Je l'avoue. J'ai échoué. Catastrophiquement. Lamentablement. J'aurais dû. Vraiment. Mais non. Je n'ai pas jeté le méchant.
Et devinez quoi? Je ne le regrette pas.
Oui, oui, je sais ce que vous pensez. "Mais enfin, pourquoi ?". "C'est contre tous les codes de conduite!" "Tu es folle!". Calmez-vous. Respirons un bon coup. Il y a une explication. Enfin, une excuse, plutôt.
Le charme discret de la canaille
Ce n'est pas comme si le méchant en question était un monstre sanguinaire assoiffé de pouvoir et de destruction. Non, non, non. C'était un méchant... disons, nuancé. Un méchant avec des failles. Un méchant avec... du style.
Il faut l'admettre, les gentils sont souvent… ennuyeux. Ils sont prévisibles. Ils font ce qu'on attend d'eux. Où est le fun là-dedans?

Le méchant, lui, c'est une autre paire de manches. Il est imprévisible. Il est audacieux. Il ose. Et souvent, il a les meilleures répliques. C'est pas moi qui le dis, c'est la vérité !
Un coupable de plaisir inavouable
Je me souviens encore de la première fois que j'ai croisé le chemin de mon méchant. Il était… comment dire… irrésistiblement détestable. Un mélange parfait d'arrogance, d'intelligence et de… oh la la… de charme.
Bien sûr, il complotait pour dominer le monde (ou, au moins, pour ruiner la vie de l'héroïne). Bien sûr, il avait des sbires plus stupides les uns que les autres. Mais il le faisait avec panache! Avec une telle conviction! Comment voulez-vous résister?

Et puis, avouons-le, parfois, ses motivations n'étaient pas si mauvaises. Un peu tordues, certes. Un peu extrêmes, peut-être. Mais on pouvait presque comprendre. Presque.
"Le monde est injuste! Il faut rétablir l'équilibre!" - Le méchant, probablement.
Et voilà! C'est là que j'ai commencé à glisser. A me dire: "Bon, ok, il veut détruire le système, mais… est-ce que le système n'a pas besoin d'être un peu secoué?" Oups.

L'art subtil de la rédemption (ou pas)
Alors, qu'est-ce que j'ai fait? J'ai fait ce que toute personne rationnelle ferait: je lui ai donné une chance. Une chance de se racheter. Une chance de montrer qu'au fond, il n'était pas si méchant que ça.
Est-ce que ça a marché? Euh… pas vraiment. Il a peut-être sauvé un chaton une fois. Peut-être qu'il a versé une larme en regardant un coucher de soleil. Mais globalement, il est resté un méchant. Un charmant méchant, certes, mais un méchant quand même.
Mais voilà le truc: j'ai décidé de le garder. Dans mon histoire, dans mon cœur (euh, peut-être pas dans mon cœur, mais vous voyez l'idée). Parce qu'il était intéressant. Parce qu'il était imprévisible. Parce qu'il mettait du piment dans ma vie (et dans mon récit!).

Alors, oui, j'ai échoué. Je n'ai pas jeté le méchant. Et je vis très bien avec ça. Peut-être même mieux. Parce que, soyons honnêtes, qui a envie d'un monde rempli uniquement de gentils qui font toujours ce qu'il faut? Moi, en tout cas, non.
Peut-être que je suis folle. Peut-être que je suis une mauvaise influence. Peut-être que je devrais être enfermée dans une tour avec tous les méchants que je n'ai pas réussi à jeter. Mais en attendant, je vais savourer ma petite rébellion. Et vous savez quoi? Je parie que vous aussi, au fond, vous avez un petit faible pour les méchants.
Avouez!